Un faux chemin vers le mauvais but

« Le rêve d’indépendance financière est toujours très répandu dans les pays industrialisés. Voilà pourquoi nous nous échinons toute la journée et passons le plus clair de notre temps à travailler, alors que la plupart d’entre nous n’arriveront jamais à être vraiment « libres ». L’argent et le prestige occupent les deux plus hautes marches de notre système personnel de valeurs, avant même la famille et les amis. C’est d’autant plus étonnant que l’échelle de valeurs des économistes du bonheur est exactement l’inverse. Selon cette évaluation, il n’y a rien qui rende plus heureux que les relations interpersonnelles, c’est-à-dire les échanges avec sa famille, son ou sa partenaire, ses enfants et ses amis. En deuxième position vient le sentiment d’être utile ; puis, selon les circonstances, arrivent la santé et la liberté. Si l’on se fie donc à cette échelle de valeurs, on peut dire que la plupart des gens des pays riches se trompent en accordant autant d’importance à l’argent : ils ne font que prendre de mauvaises décisions. Ils cherchent à atteindre une sécurité qu’ils n’auront sans doute jamais. Ils sacrifient leur liberté et leur autonomie pour un salaire toujours plus élevé. Et ils achètent des choses dont ils n’ont pas besoin pour impressionner des gens qu’ils n’aiment pas avec de l’argent qu’ils n’ont pas. »

Richard David Precht
Dans l’essai « Vanuatu — les îles de la félicité. Qu’est-ce qu’une vie heureuse ? »

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